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Ouverture dominicale des commerces : libéralisation à marche forcée
Le Conseil de Paris autorise douze dimanche d'ouverture des commerces. © DR

Ouverture dominicale des commerces : libéralisation à marche forcée

Hier, alors que le monde entier tordait le nez devant l’élection de Donald Trump, au Conseil de Paris le débat sur l’extension de l’ouverture des commerces parisiens est reparti de plus belle et a viré à la polémique. A fronts renversés.

La pomme de discorde a été obligeamment tendue par une Anne Hidalgo dont la seule constance est désormais celle du revirement permanent. Même in absentia – elle pratiquait le néo-gaullisme opportuniste en se recueillant à Colombey-les-Deux-Eglises – le maire de Paris a provoqué l’ire de ses alliés de gauche et s’est acquis les faveurs d’une droite jamais en retard d’une libéralisation.

Car, dorénavant compétente pour fixer le calendrier des dérogations à la règle du repos dominical depuis une décision du Conseil constitutionnel du 24 juin dernier, Anne Hidalgo a décidé d’accorder douze dimanches d’ouverture des commerces, c’est-à-dire le maximum prévu par la législation. Un revirement inacceptable pour ses alliés communistes et écologistes.

Ce qui n’est pour le moment qu’un « avis consultatif », et doit encore être entériné par la Métropole du Grand Paris en vertu de la loi Macron, a fixé le calendrier par branches de ces douze dimanches, beaucoup se situant autour des fêtes de fin d'année et des périodes de soldes.

 Une étonnante volte-face

Les voix de la droite ont évidemment soutenu cette proposition socialiste, ses ténors comme Pierre Lellouche ironisant par ailleurs sur une Anne Hidalgo « qui a vu la lumière ». Au final, elle a récolté 84 voix pour, communistes, écologistes et Parti de Gauche votant logiquement contre (29 voix). Huit socialistes se sont abstenus.

 Le débat de près d'une heure et demie dans un hémicycle étrangement divisé a été l'occasion pour la droite d’épingler « l'étonnante volte-face de la maire de Paris », jusque là notoirement opposée à la loi Macron, « qui a dit tout et son contraire en l'espace de deux ans », selon Jean-Baptiste de Froment (LR).

 Les communistes défendent la famille

Alors que le député Pierre Lellouche évoquait un « tourisme en crise et des chiffres d'affaires en baisse de 30 à 40% » dans la capitale, sans néanmoins en donner les vraies causes que sont les attentats et la dégradation générale de l’image de la capitale, l'adjointe au Commerce Olivia Polski a pour sa part vanté les « compensations substantielles » offertes aux salariés, comme le double salaire et le jour compensateur.

 Contre la droite, pourtant d’habitude prompte à défendre les valeurs familiales, ce sont les communistes qui ont joué la partition la plus logique et la plus rationnelle : dénonçant le fait que Mme Hidalgo soit revenue sur ses engagements antérieurs, le groupe d’extrême gauche a prédit par la voix de son élu Didier Le Reste des « chantages à l'emploi » et rappelé que le dimanche était une « conquête sociale majeure » faite pour la vie familiale, sportive et associative. Les écologistes ont ajouté que la mesure allait « accélérer la fragilisation du petit commerce » face aux grandes enseignes, alors que Danielle Simonnet du Parti de Gauche parlait de la « macronite aiguë » dont serait désormais atteinte le maire de Paris.

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