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L'accord de M. Fillon avec l'UDI crée des remous en Seine-Saint-Denis
Xavier Lemoine est fâché © DR

L'accord de M. Fillon avec l'UDI crée des remous en Seine-Saint-Denis

Ludovic Toro, maire UDI de Coubron, a reçu la double investiture officielle UDI/LR pour les élections législatives dans la 12e circonscription de Seine-Saint-Denis. Au détriment de Xavier Lemoine, maire PCD-LR de Montfermeil. La révolte gronde.

C'est la circonscription de la discorde : l'investiture de la 12e de Seine-Saint-Denis avait à l'origine été accordée à Xavier Lemoine, maire de Montfermeil depuis vingt ans, qui revendique la double étiquette PCD et LR, dont la science du terrain est connue, et qui avait déjà notamment été candidat aux dernières départementales, où à la défaveur d'un nouveau découpage, il avait été battu sèchement par un Front national en forte croissance. Mais le bureau politique la lui a finalement retirée quelques jours plus tard, avec l’idée de la donner à Ludovic Toro dans le cadre d’un accord électoral entre les Républicains et l'UDI de Jean-Christophe Lagarde. Une décision étonnante que n’a toujours pas digérée Philippe Dallier, le patron de la fédération LR du département, et qui va à l'encontre des intérêts du candidat Fillon.

Philippe Dallier, bien décidé à défendre son poulain, a écrit début février à sa direction nationale pour s’indigner du choix de M. Toro. Sans succès. Opiniâtre, le sénateur-maire des Pavillons-sous-Bois décide maintenant de saisir la Haute Autorité des Républicains : « Les statuts de notre parti ne permettent pas juridiquement de retirer une investiture donnée par un conseil national, a-t-il affirmé au Parisien. Et si ça ne suffit pas, nous irons jusqu’au tribunal administratif. En attendant, nous allons faire campagne pour Xavier Lemoine. »

Xavier Lemoine conteste aussi ces accords d'appareils partisans : « Je considère que j’ai toujours l’investiture et notre recours est prêt ». Il n’a d’ailleurs, en mesure de rétorsion, pas envoyé son parrainage à François Fillon, contrairement à Ludovic Toro, qui invoque « un gage de loyauté ».

Se fâcher ?

Xavier Lemoine en est persuadé, comme il l'a confié à l'hebdomadaire Famille chrétienne : si elle retrouve le pouvoir, la droite ne pourra pas compter sur le soutien des centristes. « Avec cet accord électoral, François Fillon donne à l’UDI la possibilité d’être une minorité de blocage sur beaucoup de sujets », dit-il.

« Désinvesti », le maire de Montfermeil se pose de « sérieuses questions » sur la stratégie de François Fillon : « C’est l’électorat conservateur qui l’a porté lors des primaires. C’est l’électorat conservateur qui lui a sauvé la mise à la manifestation du Trocadéro. François Fillon le trahirait de manière éhontée ? Si nous visons le moindre mal, alors il faut soutenir François Fillon, mais sans aucune illusion. À un moment donné, il faudra se fâcher ! ».

L’UDI décroche trois autres circonscriptions

Outre la 12e, l’UDI a obtenu trois autres circonscriptions où ses candidats seront également investis par les Républicains. Dans la 6e (Aubervilliers/Pantin), c’est Karine Franclet qui sera la candidate des deux partis, aux dépends de Geoffrey Carvalhinho. Pour la 9e (Le Pré, Les Lilas, Romainville, Noisy-le-Sec, Bondy Nord Ouest), le ticket revient à Sonia Alout. Enfin, dans la 5e (Drancy, Bobigny, Le Bourget), la route est toute tracée pour le député sortant, un certain Jean-Christophe Lagarde... qui n’a pas encore dit s’il était candidat. Il attend le 1er tour de la présidentielle pour se prononcer.

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