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Début de fin de partie pour Hidalgo ?
Anne Hidalgo a été dépouillée de son électorat par le Président © JDD

Début de fin de partie pour Hidalgo ?

Avec une seule députée PS rescapée à Paris, le maire socialiste de la capitale se retrouve, à mi-mandat, encerclée par des députés macronistes dans sa place forte de l'Hôtel de Ville où elle va devoir en outre "raccommoder" sa majorité municipale.

Même si Rémi Féraud, président du groupe socialiste au conseil de Paris assure qu'il faut faire la différence entre les enjeux nationaux et les enjeux municipaux, et que "le périmètre de la majorité municipale reste le même", laville, où siégeaient jusqu'ici dix députés socialistes et deux EELV alliés, est désormais représentée à l'Assemblée nationale par treize députés de la République en Marche-MoDem, trois Les Républicains et une France insoumise.
Du Parti socialiste, il ne reste plus que la sortante George Pau-Langevin, ancien ministre des Outre-mer, dite "macron-compatible" et contre laquelle le parti présidentiel n'avait investi aucun candidat.
Les "résultats sont très sévères pour le PS", à Paris comme au niveau national, concède le Premier adjoint Bruno Julliard, mais "elle est maire de Paris, on travaillera avec tous les députés de Paris", assure-t-il.
"Les relations de la Ville de Paris et le gouvernement ne passent pas exclusivement par les parlementaires parisiens", jure M. Féraud.
Fragilisée à l'extérieur, Anne Hidalgo va devoir également "raccommoder" sa majorité qui va de EELV au PC jusqu'au centre-gauche, "décousue" par les dernières échéances électorales et des candidatures antagonistes.
C'est à cela que la maire de Paris va s'atteler dans les semaines qui viennent, dit-on à l'Hôtel de Ville, pour montrer "qu'elle peut rassembler" tout en menant une "politique moderne, écologiste et pro-entrepreneuriat".

Un électorat Macron-compatible
"Le meilleur moyen pour elle d'être utile à la gauche", dit M. Julliard, "ce sera de réussir son mandat à Paris et être en position pour être réélue en 2020", dit l'élu pour qui la gauche sociale-démocrate "n'est pas morte". Elle participera à "la reconstruction de la gauche, mais pas dans un rôle d'appareils", dit quant à lui M. Féraud.
La maire de Paris, très engagée sur les questions écologiques, a lancé "Dès demain" début mai pour rassembler politiques et acteurs engagés. "C'est un peu différent", dit l'élu parisien, "il s'agit de renouer avec la société civile".
Anne Hidalgo est "populaire, appréciée", estime le président de l'institut de sondages Odoxa Gaël Slimane, mais elle "a fait plusieurs choix qui la mettent en porte-à-faux avec son électorat", et notamment son soutien affirmé à la candidature de Benoît Hamon.
"S'il y a bien un électorat Macron-compatible, c'est l'électorat parisien, urbain, éduqué", ajoute-t-il, en citant pour preuve les 90% des voix obtenus par Emmanuel Macron à Paris au second tour de la présidentielle. "Il y a un marché pour la gauche de la gauche, un marché pour l'électorat social-libéral, mais pas beaucoup d'espace pour la voie médiane".
La maire de Paris "fait partie des rares personnalités" à pouvoir incarner une relève au PS, mais c'est "quitte ou double". Soit Emmanuel Macron déçoit et elle est "recrédibilisée", soit la situation n'évolue pas et il n'y a plus aucun espace entre La France Insoumise et REM, dit-il. "Et là, non seulement il n'y a pas de place pour un destin national pour Anne Hidalgo mais en plus, elle peut avoir de sérieuses inquiétudes sur ses chances de réélection à la maire de Paris", met-il en garde.

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